Le président sous la Ve République.

Le 28 octobre 1962

En faisant réviser par référendum la constitution de la Ve République, le Général De Gaulle fait basculer la France dans une nouvelle ère. La IIIe puis la IVe République étaient des systèmes politiques où le Président de la République avait un rôle secondaire pour ne pas dire honorifique « inaugurer les Chrysanthèmes » ; le poids et l’influence des partis y étaient décisifs, à une vie politique très riche répondait une instabilité politique importante… A une instabilité ministérielle (23 gouvernements en douze ans) a succédé une crise de régime, les institutions n’étaient plus adaptées aux problèmes de l’époque (crise du 13 mai 1958). La première étape de ce processus est bien évidemment le référendum du 28 septembre 1958, la victoire du oui signe l’acte de naissance de la Ve république. La seconde, c’est le référendum du 28 octobre 1962, les Français pourront désormais élire directement le Président de la République au suffrage universel direct, dorénavant il sera la clef de voûte des institutions.

Le général De Gaulle

L’inspirateur de cette constitution est le Général De Gaulle, une équipe de brillants hauts fonctionnaires avec à leur tête Michel Debré va se charger de préparer cette constitution, largement inspirée du discours de De Gaulle à Bayeux le 16 juin 1946 ; où le Général, déjà précurseur, voyait les contradictions du régime ultra-parlementaire, et ses limites en cas de crise. Cette constitution, outre le renforcement du pouvoir du président et l’instauration du suffrage uninominal à deux tours,  permet de dégager de grandes majorités pour gouverner (la hantise de l’instabilité gouvernementale de la IVe République), puis il inscrit le suffrage universel direct pour l’élection du Président de la République.

L’élection présidentielle sous la Ve République

Dès lors, l’élection présidentielle va devenir l’événement incontournable de la vie politique française, au point qu’elle deviendra l’Alpha et l’Omega de chaque appareil et homme politique. Cette césure que constitue ce mode de scrutin entraîne inévitablement la présidentialisation du régime politique. Mais au-delà de cet aspect institutionnel, une dimension humaine, quasi mystique va se créer entre le candidat à l’élection présidentielle et les Français, certains parleront même d’une véritable histoire d’amour, avec ses moments de passions, ses drames et parfois ses déceptions. L’élection présidentielle devient la rencontre d’un homme avec les Français, un lien direct entre la base et le sommet, une vision, un projet politique proposé au peuple, une véritable symbiose, une alchimie se met en place pour un avenir commun. Un candidat ne doit pas seulement être compétent, il doit aussi faire croire en son projet, en l’avenir de la France ; mais surtout il doit montrer qu’il n’a désormais plus aucune autre pensée que d’aller à la rencontre des Français… Cette envie chez François Hollande est marquante, rare, et on décèle dans son projet, une envie, un dessein, un travail de fond, une réflexion murement préparée.

La rencontre d’un homme avec les Français

La rencontre d’un homme avec les Français, voilà comment on pourrait définir la campagne à l’élection présidentielle. François Hollande, durant toutes ses années de réflexion et de combat politique, vient à la rencontre du peuple, déterminé et avec un projet réfléchi. Le projet politique de François Hollande n’est bien évidemment pas le Grand Soir, mais un programme réformateur (fiscalité, pouvoir d’achat…) cohérent (réforme globale), réaliste (nécessité de réduire la dette)… Ce concept de « rêve français », que certains ont raillé est en parfaite adéquation avec le rôle du (candidat) Président sous la Ve République : rassembler les Français autour d’un idéal républicain.

Le parcours politique de François Hollande

Quelques rappels sur des faits, pour contrecarrer l’idée selon laquelle, il n’aurait pas d’expérience politique :

-tout d’abord la vision purement ministérielle de l’expérience politique, est très française, l’homme politique d’expérience est celui qui est passé par tous les ministères (ou presque) avec une préférence pour un ancien premier ministre. La politique ne serait donc qu’un jeu de chaise musicale ministérielle. Appliquant ce principe à la lettre, Tony Blair, Bill Clinton, Barack Obama… n’auraient jamais eu de chance d’être élus. Soyons sérieux, on sait bien que le processus de désignation des ministres, est un subtil jeu entre le Président, le premier ministre, et son appareil politique. Et quand on voit certains de nos ministres actuels, on peut quand même douter du caractère méritocratique des nominations.

-son bilan en tant que premier secrétaire du PS… voilà un homme qui a dirigé le parti pendant dix ans, avec un bilan plus qu’honorable, une cohésion retrouvée, des triomphes électoraux aux niveaux local (régional 2004) et européen (1999, 2004), mais surtout un parti uni et qui n’a pas explosé comme certains le prédisaient un peu hâtivement (« le cadavre à la renverse » ) … Car rappelons tout simplement que durant cette période, après le coup de semonce du 21 avril 2002, les prétendants à ce poste, ne se bousculaient pas. Et que « pendant que vous irez courir l’aventure, il faut bien que quelqu’un reste garder la vieille maison » disait déjà Léon Blum en son temps.

-voilà surtout un homme qui a su s’ancrer dans un fief qui ne lui était pas acquis, la Corrèze. Bien sûr certains diront que la cette dernière est une ancienne terre de gauche (marquée par les luttes ouvrières, le métayage…). Mais la Corrèze était surtout dans les années 80 le fief de Jacques Chirac ; c’est ainsi sur les terres de l’ancien Président de la République, que François Hollande est parti le défier… pour ramener un à un tous les mandats (députation, canton..) à la gauche, jusqu’à refaire basculer(en 2008) le département à gauche. Refusant tout parachutage de complaisance, François Hollande a noué un contact avec les Corréziens, ce fut un long cheminement, jusqu’à gagner leur confiance.

Conclusion

Que demandent les Français à un candidat à la présidence de la république ? D’être rassembleur, proche de leurs préoccupations, que son sens de la cohésion passe avant ses ambitions politiques, qu’il prenne le temps de la réflexion, qu’il soit accessible, compétent. Le parcours politique de François Hollande n’en est-il pas l’illustration ?

La nature de l’élection (suffrage universel), mais surtout ses prérogatives (champs de compétences très importants) font du Président de la République française, l’acteur majeur de la vie politique.  « La politique quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c’est une action pour un idéal à travers des réalités » disait le Général De Gaulle.  Laissons donc la « force tranquille » François Hollande devenir « un président normal » pour réaliser le « rêve français ».

Terminons par une citation de François Hollande : « La présidence normale est une présidence qui doit être ambitieuse pour son pays, humble pour celui qui le représente. Elle doit être à la fois haute, c’est-à-dire digne, proche et respectueuse ».

Le Prince De Nemours

2 réflexions au sujet de « Le président sous la Ve République. »

  1. Président aujourd’hui,
    Le rappel de l’historique de la désignation du Président sous la 5ème république est instructive. Mais ne serait il pas temps de faire évoluer cette 5è république. Peut être suis je utopique, mais si le représentant suprême de la France est le Président, il me semble qu’aujourd’hui l’aspect du personnage qui seul décide d’à peu près tout n’est plus acceptable. A coté des propositions concrètes, encore à étoffer, pour relancer l’économie, des propositions, au moins de réflexions à moyen terme, sur l’évolution de la structure ‘politique’ de la France seraient très positives pour ré-crédibiliser l’action politique. Dans le privé, les évolutions qui les plus réussies sont celles qui commencent par la direction. Je pense qu’il devrait en être de même au niveau organisation politique. Le mille-feuille cité à propos des régions-départements-groupement de communes-communes, commence des le gouvernement: Président-1er ministre-ministres-secrétaires d’états-chargés de mission-conseillés, complété par les députés, sénateurs-conseillés etc. Une cure d’amaigrissement drastique représenterait certes un manque à gagner pour les partis politiques (je pense que nous pouvons avoir confiance qu’il sera compensé à l’euro près) mais améliorerait considérablement l’efficacité du système.
    Le rêve français est d’abord d’avoir un Président qui les écoute et qui travaille dans l’intérêt de la France et non du sien, puis de ses amis, puis de son parti … et aux français ordinaires pour renflouer les caisses de l’état.

  2. Le Général de GAULLE était un visionnaire et surtout pas un lâche!Ce grand homme savait assumer ses choix et ses décisions! Ce que Monsieur HOLLANDE ne semble pas vouloir faire!c’est la honte de la France de voir un candidat à la présidentielle essayer de peaufiner une future constitution dans laquelle il essaye de diminuer le rôle du chef de l’état afin d’echapper à ses responsabilités! Honteux ,honteux ,honteux!

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